Le fonctionnement du cerveau

L'étude du sommeil à partir d'un instrument de mesure des ondes cérébrales (électroencéphalogramme) a permis à des chercheurs d'identifier les différentes phases du sommeil. Quatre phases ont été identifiées en fonction de l'amplitude et de la fréquence d'ondes que l'on a nommées bêta, alpha, delta et thêta. Grâce à cette distinction des ondes cérébrales, les études ont montré que les phases du sommeil se présentent toujours de la même façon: au repos, les yeux fermés, on observe l'augmentation des ondes alpha (8-12Hz), au moment de l'endormissement, les ondes alpha disparaissent graduellement et laissent la place aux ondes thêta (4-7Hz). Ces ondes décrivent les stades 1 et 2 du sommeil en fonction de leur quantité. Les stades 3 et 4, quant à eux, sont caractérisés par les ondes delta ( inférieure à 2Hz). (Dans les recherches, d'autres mesures physiologiques sont prises en compte mais ne sont pas rapportées ici pour simplifier la compréhension.)

Après 10 à 15 minutes d'endormissement, 5 minutes au stade 1 (sommeil léger), 15 à 40 minutes au stade 2 et 90 minutes au stade 3-4 (sommeil lent ou profond), survient un autre type de sommeil REM ou sommeil paradoxal. Cette appellation provient du fait que le tracé des ondes ressemble à celui du stade 1, accompagné cependant de plusieurs autres phénomènes, dont l'apparition de mouvements oculaires rapides (MOR ou REM, rapid eye movement). C'est ce type de sommeil qui est associé à la production des rêves. D'autres phénomènes sont aussi observés, entre autres la suppression du tonus musculaire, des irrégularités du pouls et de la respiration, une vasodilatation des organes pelviens chez la femme et, chez l'homme, une augmentation du diamètre et de la rigidité du pénis.

Les phases de sommeil lent et de sommeil paradoxal se répètent tout au long de la nuit et forment les cycles du sommeil (cycle ultradien). Au fur et à mesure que la nuit se déroule, les phases de sommeil lent diminuent en longueur et les phases de sommeil paradoxal augmentent. Sur le plan psychologique, les insomnies sont reliées aux phases d'activités oniriques (les rêves) lorsqu'il y a production d'ondes alpha et thêta. Dans ces rêves, on ne retrouve pas que les informations visuelles, mais toutes les informations sensorielles, dont les émotions. Au cours des stades 1 et 2, ce sont ces émotions qui viennent contrecarrer le processus de sommeil et empêcher l'individu de passer aux stades 3 et 4 du sommeil profond. Au lieu de s'endormir, l'émotion et les images ou les pensées qui y sont liés ramène l'individu en activité d'éveil.

 

André Surprenant, Ph.d.
Psychologue
objectif-couple.com

              Réf: Roger Godbout, psychologue et chercheur au Centre d'étude sur le sommeil de l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, Bases psychophysiologiques et traitement des troubles du sommeil, présentation lors du congrès de l'Ordre des psychologues du Québec, Montréal,1991.

 

 


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